le massacre de thiaroye

Histoire

Le mépris de la France

Le Massacre de Thiaroye

 


Sur ordre des autorités françaises, les « tirailleurs sénégalais », du camp militaire de Thiaroye, sont massacrés pendant la nuit (le 1er décembre 1944, à 3 heures du matin) par l’armée française, parce qu’ils réclamaient leur solde !

La dette de la France :

Si la France a pu avoir un vaste empire colonial, c’est grâce en grande partie aux « tirailleurs sénégalais ». La participation des « tirailleurs sénégalais » a été déterminante aussi dans l’issue des deux guerres mondiales. L’Afrique fut le cœur de l’armée de libération de la France. C’est en effet sur le sol africain que l’on trouve la plus grande partie de l’Armée française de libération. C’est en Afrique que s’est joué l’essentiel du destin de la France.

Si le premier bataillon des « tirailleurs sénégalais » a été formé à Saint-Louis (au Sénégal), la majorité des soldats ne sont pas originaires du Sénégal. On y trouve des originaires du Sénégal mais aussi du Mali, du Burkina Faso, du Tchad, de la République Centrafricaine, etc. Dans son excellent livre sur les « tirailleurs sénégalais » ( La France et ses tirailleurs, éditions Duboiris, 2003) Charles Onana, que j’ai eu l’occasion de rencontrer une fois lors d’une présentation de livres dans une mairie à Paris, rappelle que la France utilisait quelquefois des méthodes barbares pour enrôler les Africains. Il cite le témoignage d’Ateba Yene : « Dans les villages, la mission ambulante de mobilisation forcée faisait rage. Les indigènes à la carrure d’athlète étaient ramassés et attachés par une corde autour des reins avec comme lieu de destination ad patres, la boucherie nazie. Les missionnaires catholiques, eux aussi, jouèrent un rôle très important et ne furent pas inactifs. L’évêque français, Monseigneur Graffin, en 1941, avec la connivence d’un administrateur cerbère nommé Salin, organisa une rafle ignominieuse au sortir d’une grand-messe à la mission catholique de Mvolyé, la seule église qui accueillait tous les fidèles de Yaoundé. Ce dimanche-là, c’était comme par hasard, l’évangile du bon serviteur. A la sortie de la messe, l’église était cernée par un cordon de soldats mitraillettes aux poings. Alors que ces fidèles venaient béatement d’honorer le seigneur, ils furent embarqués sans ménagement dans des camions militaires... » Monsieur Amadou Mahtar M’Bow, ancien directeur général de l’UNESCO, constate : « L’incorporation des « tirailleurs sénégalais » se faisait ainsi, du moins en ces temps-là, selon des méthodes qui s’apparentaient à celles utilisées dans le recrutement de la main d’œuvre destinée au travail forcé auquel étaient soumis les indigènes, sujets français ».

Pourtant, comme le dit si bien Charles Onana : « Dans l’histoire de la deuxième guerre mondiale, l’histoire des « tirailleurs sénégalais » n’existe pas. Absente des manuels scolaires, écartée des grandes commémorations nationales, invisible dans le répertoire des monuments de la capitale française, rien ou presque rien ne témoigne de la présence déterminante de l’Afrique dans la libération de la France...Nous avons donc décidé de fouiller pour savoir et faire savoir ce que tous les livres d’histoire dissimulent aux enfants de France et d’Afrique : le rôle et l’action des « tirailleurs sénégalais » » Comme dans de nombreux domaines, la France a encore fait le choix de la falsification historique.

C’est en Afrique que de Gaulle, le chef de la France Libre, organise la résistance, « seulement un nombre très limité de Français ont accepté de rejoindre le général de Gaulle au début de la résistance. L’homme du 18 juin, a fini par trouver, malgré le peu de soutien de ses compatriotes, l’enthousiasme et la disponibilité chez les Africains pour continuer le combat ». Alors que des personnalités blanches comme le maréchal Pétain, l’amiral Darlan, le ministre Laval, le haut commissaire Boisson, le général Husson, l’amiral Platon, sont les complices des crimes nazis, une personnalité noire accorde son soutien à de Gaulle. Il s’agit du gouverneur Félix Eboué.

Des « Tirailleurs sénégalais » détestés par les Nazis :

Il est clair pour les Nazis que les « tirailleurs sénégalais » sont des singes. Pour les Boches, les Nègres souillent l’armée française. Les Allemands sont fous de rage car ils ne s’attendaient pas à trouver une grande résistances chez les Noirs. La haine, qu’ils ont pour les Noirs, va les pousser à commettre d’horrible crime. Citons trois cas :

Le premier cas est celui de Chasselay, un village situé à 30 km de la ville de Lyon. Une vingtaine de Blancs d’encadrement et environ 180 à 200 tirailleurs sénégalais, après un dernier combat, sont encerclé par les Allemands. Les Nazis ont le dessus et ceux qui défendent la France sont faits prisonniers. Puis les Boches exécutent à la mitraillettes tous les Noirs et laissent la vie sauve aux Blancs.

Le deuxième cas est celui d’un noir, le capitaine N’Tchoréré, assassiné par balles à bout portant par les nazis alors qu’il demandait, en qualité d’officier français, à être traité avec le respect dû à son grade.

Le troisième cas est celui de Jean Moulin, un des héros de la résistance. Alors que des malheureux individus sont victimes des bombardements nazis, les Allemands décident de rejeter la responsabilité sur les Noirs. Ils veulent que Jean Moulin, à l’époque Préfet, reconnaisse en signant le protocole : « des femmes et des enfants Français...ont été massacrés après avoir été violés. Ce sont vos troupes noires qui ont commis ces crimes dont la France portera la honte ». La réponse de Jean Moulin est sans ambiguïté : « ils (nos tirailleurs) sont incapables de commettre une mauvaise action contre des populations civiles et moins encore les crimes dont vous les accusez. » Jean Moulin sera torturé pendant sept heures mais ne signera pas ce papier. Puis il fera une tentative de suicide en se tranchant la gorge : « Je ne peux être complice de cette monstrueuse machination qui n’a pu être conçue que par des sadiques en délire ». Quel grand homme !

Des « Tirailleurs sénégalais » méprisés par la France :

Acte 1

Sur ordre des autorités françaises, les « tirailleurs sénégalais », du camp militaire de Thiaroye, sont massacrés pendant la nuit (le 1er décembre 1944, vers 3 heures du matin) par l’armée française, parce qu’ils réclamaient leur solde !

La tragédie se déroule au Sénégal. Vers la fin du mois de novembre 1944, un bataillon de 1280 tirailleurs arrive au camp de transit de Thiaroye pour être démobilisés. Il s’agit d’un retour forcé en Afrique. Ces hommes se sont battus contre les Allemands pour libérer l’Europe et en particulier la France. Certains avaient été torturés par les boches. Leur fierté d’anciens combattants fait bientôt place à la désillusion devant les promesses non tenues par la France, concernant en particulier leur pécule, les humiliations et le racisme de la hiérarchie militaire au sein de l’armée française. D’énormes discriminations apparaissent dans le paiement de solde, à cause de la couleur de la peau. Les tirailleurs se mutinent et s’emparent d’un général qui finit par promettre de régulariser la situation. Enorme mensonge ! car à peine remis en liberté, il sera donné l’ordre de massacrer les tirailleurs. Pendant la nuit (le 1er décembre 1944, vers 3 heures du matin), plusieurs unités de l’armée française, appuyées par la gendarmerie, vont massacrer ces Héros Noirs, réveillés en plein sommeil et complètement désarmés et dupés. Ils ont payé très cher leur confiance en la France. Il y a très peu de survivants et les autorités françaises vont garder le silence sur le nombre exact des tués. Des chiffres farfelus sont avancés mais « il n’y a jamais eu de commission d’enquête indépendante sur cette affaire » précise Charles Onana.

Ce journaliste d’investigation, auteur de livres sur le Rwanda et sur Bokassa, a eu l’occasion de dire dans le magazine Cité Black (numéro 36, lundi 06 septembre 2004) : « ce fut un carnage à ciel ouvert, un bain de sang préparé et exécuté par l’armée française. En 44, les tirailleurs demandent, comme les soldats français, leur solde de prisonnier de guerre. Mais les colons, aigris et frustrés de voir que ce sont des africains qui reviennent victorieux alors qu’ils sont restés trop longtemps fidèles à Pétain, ne l’entendent pas de cette oreille. Les télégrammes venant de la métropole expliquent qu’il faut restaurer le prestige du Blanc à l’égard du Noir. Ils décident de les massacrer purement et simplement pour solde de tout compte. »

Acte 2

Déjà cité, le magazine Cité Black écrit : « Malgré ces faits d’armes, aucun combattant d’Afrique n’eût l’honneur de défiler le jour de la libération sur les Champs-Élysées. Pire, tous les bataillons avaient été blanchis ! »

Acte 3

La cristallisation des pensions des « tirailleurs sénégalais » La loi de finances de 1959 « signifie en termes simples que les anciens combattants africains qui avaient lutté pour la France allaient désormais toucher une pension inférieure à celle qu’ils recevaient jusque-là. Pis, celle-ci se présenterait sous forme d’indemnités fixées à la « tête du client ». » D’autres lois viendront renforcer cette loi.

Acte 4

Le mensonge et l’ignorance sont entretenus dans nos livres d’histoire. Les Américains sont présentés comme les champions de la libération de la France, les Africains et plus généralement les Noirs (car il y avait aussi des Antillais) font figure de « lépreux » ou de « singes ».

A lire rapidement : « La France et ses tirailleurs, enquête sur les combattants de la République », Charles Onana, éditions Duboiris, 2003.

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Jaquette DVD
Distribué par la Médiathèque des Trois Mondes www.cine3mondes.com

Pensions des coloniaux : la "fin d’un scandale" pour l’historien Marc Ferro

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) - L’historien Marc Ferro s’est félicité de "la fin d’un scandale" après l’annonce mercredi par le gouvernement, de la mise à niveau des pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises. Interrogé par l’AFP, Marc Ferro a affirmé : "C’est la fin d’un scandale, on s’étonne que les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, n’aient pas eu davantage de pudeur depuis tant d’années". "Hélas, cette indifférence scandaleuse des dirigeants envers les combattants est un trait permanent des gouvernements", a ajouté l’auteur du "Livre noir du colonialisme" (2004) et de "Frères de tranchées" (2005). "Déjà après la guerre de 14-18, il a fallu bien des années avant que les anciens soldats ne touchent une indemnisation, et ce aussi dans d’autres pays, comme en Angleterre", a rappelé M. Ferro. "Mais pour les +indigènes+, il s’agit d’un double scandale, car cela représentait un double sacrifice, pour des Arabes, de libérer Paris : leur patrie n’était pas la capitale française", a-t-il jugé. "Nous sommes dans une époque de repentance, peu à peu des malhonnêtetés des pouvoirs se révèlent", a conclu l’historien, ajoutant : "le président Jacques Chirac, de ce point de vue, est bien plus ouvert qu’un certain nombre d’hommes politiques, y compris à gauche". Les combattants originaires des ex-colonies françaises et les "nationaux français" percevront la même "retraite" et la même "pension militaire d’invalidité", a annoncé le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera. En revanche, aucun rattrapage dans le versement des pensions, gelées depuis 1959, n’est "d’actualité", a-t-il indiqué. Le chef de l’Etat a pour sa part estimé en conseil des ministres que la France accomplissait ainsi "un acte de justice et de reconnaissance envers tous ceux qui sont venus de l’ex-empire français combattre sous notre drapeau". Quelque 80.000 anciens combattants de l’armée française de nationalité étrangère, essentiellement d’Afrique noire et du Maghreb, sont concernés par cette mesure de revalorisation des pensions.

Pensions des "Indigènes" : Bouchareb salue l’"abolition des discriminations"

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) - Rachid Bouchareb, le réalisateur du film "Indigènes", a salué mercredi une "abolition des discriminations qui aura des répercussions dans toute la société française" après l’annonce par le gouvernement de la fin du gel des pensions des combattants des ex-colonies. "C’est une avancée positive, une victoire, c’est une abolition des discriminations qui aura des répercussions dans toute la société française aujourd’hui", a affirmé à l’AFP le réalisateur d’"Indigènes", sorti mercredi, qui met en lumière l’injustice vécue par les combattants des ex-colonies. "J’espère que cela ira plus loin, et que les discriminations vont être abolies un peu partout, vont disparaître", a-t-il ajouté. "C’est bien que le travail entrepris depuis plus de vingt ans par les associations, et souligné par le film, ait permis l’abolition des discriminations entre des soldats qui ont tous fait la même guerre", a estimé M. Bouchareb, lui-même d’origine algérienne. Après avoir visionné le film début septembre, le président Jacques Chirac avait promis à ses producteurs cette revalorisation des pensions, rapportait alors l’un des interprètes, l’humoriste Jamel Debbouze. "Nous voulions amener le président Chirac à constater cette injustice : il l’a vécue comme spectateur, et comme homme politique : c’est formidable", a jugé Rachid Bouchareb. "Depuis des mois, nous avons montré le film, avec les acteurs, dans toute la France, et à chaque fois, les gens ont débattu de l’histoire de France : quand ils ont constaté cette injustice qui dure depuis 45 ans, beaucoup d’hommes et de femmes ont renvoyé à l’Elysée l’appel à une revalorisation des pensions", a précisé M. Bouchareb. Le gouvernement a décidé que les anciens combattants des ex-colonies allaient percevoir les mêmes pensions que les nationaux français, a annoncé mercredi le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera. Les combattants originaires des ex-colonies françaises et les "nationaux français" percevront la même "retraite" et la même "pension militaire d’invalidité", a dit M. Mekachera à la sortie du Conseil des ministres. En revanche, aucun rattrapage dans le versement des pensions, gelées depuis 1959, n’est "d’actualité pour l’instant", a-t-il indiqué. Quelque 80.000 anciens combattants de l’armée française de nationalité étrangère, essentiellement d’Afrique noire et du Maghreb, sont concernés par cette mesure de revalorisation des pensions.

Chirac : la revalorisation des pensions des coloniaux, "un acte de justice"

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) - Jacques Chirac a déclaré mercredi que la mise à niveau des pensions des anciens combattants des ex-colonies constituait "un acte de justice et de reconnaissance envers tous ceux qui sont venus de l’ex-empire français combattre sous notre drapeau". "La France accomplit aujourd’hui un acte de justice et de reconnaissance envers tous ceux qui sont venus de l’ex-empire français combattre sous notre drapeau", a affirmé le chef de l’Etat lors du conseil des ministres. "Dès 2002, j’ai voulu rompre avec la politique suivie depuis quarante ans et entamer la revalorisation des pensions des agents civils et militaires de la France, ressortissants de ces pays", a poursuivi M. Chirac, dont les propos étaient rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. "C’était le sens des mesures d’équité prises par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin", a-t-il ajouté. Le gouvernement a décidé mercredi que les anciens combattants des colonies allaient percevoir les mêmes pensions que les Français. Cette revalorisation sera appliquée dès 2007, pour un coût global de 110 millions d’euros par an. Selon M. Chirac, "pour tous ceux qui avaient connu le feu au service de la France, il fallait aller plus loin : c’était une question de solidarité, de justice, de reconnaissance". "C’est ce que nous faisons aujourd’hui en alignant, dès 2007, la retraite des combattants attribuée à ceux qui ont participé à des actions de feu et leurs pensions militaires d’invalidité sur les montants versés aux combattants français", a assuré le président de la République. Pour lui, "nous le devions à ces hommes qui ont payé le prix du sang, et à leurs enfants et petits-enfants, dont beaucoup sont français". "Cette mesure juste, c’est aussi une façon, pour la France, de réintégrer pleinement cette mémoire dans l’histoire nationale", a-t-il conclu.

Pensions coloniaux : dès 2007, coût de 110 millions euros/an

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) - La revalorisation des pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises sera appliquée dès 2007, pour un coût global de 110 millions d’euros par an, a annoncé mercredi le ministre délégué aux Anciens Combattants, Hamlaoui Mekachera. M. Mekachera, dont les propos étaient rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, a détaillé, devant le conseil des ministres, cette mesure qui va aligner les pensions des anciens soldats coloniaux sur celles des nationaux français. Ces pensions avaient été gelées en 1959. En 2002, le gouvernement avait décidé de les revaloriser, mais seulement en fonction du niveau de vie dans les 23 pays concernés. La mesure va bénéficier à quelque 80.000 anciens combattants.

Villepin : "Nous savons ce que nous devons" aux soldats des colonies

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) - "Nous savons ce que nous devons à l’engagement et au courage de tous ceux qui ont défendu notre patrie et ses idéaux dans les conflits du 20ème siècle", a déclaré mercredi Dominique de Villepin, alors que le gouvernement a décidé de revaloriser les pensions des anciens combattants des colonies. "L’Etat français a trop tardé à l’exprimer concrètement", a ajouté le Premier ministre, qui s’adressait à des associations "du monde combattant" invitées à Matignon. Le gouvernement a décidé que les anciens combattants des colonies allaient percevoir les mêmes pensions que les nationaux français, avait annoncé un peu plus tôt le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mékachéra, à la sortie du Conseil des ministres. Entouré de ses ministres Michèle Alliot-Marie (Défense) et Hamlaoui Mekachera (Anciens combattants), le chef du gouvernement a précisé que "57.000 retraites du combattant et 27.000 pensions militaires d’invalidité vont être revalorisées". "Dans une France ouverte, respectueuse de la diversité des sensibilités, des origines et des cultures, vous avez valeur de symbole", a-t-il dit. "Ce que nous voulons exprimer par ce geste de justice, c’est bien sûr notre reconnaissance et notre admiration pour l’exemple que vous avez donné", a-t-il ajouté. Par ailleurs, M. de Villepin a décidé "d’inscrire dans le projet de loi de finances 2007 une nouvelle augmentation de 2 points de l’indice de la retraite du combattant". Cette augmentation s’ajoute à la hausse intervenue le 1er juillet. "C’est la première revalorisation depuis près de 30 ans", a-t-il souligné. "La France n’a jamais oublié les hauts faits d’arme ni le sacrifice de ceux qui, venus d’Afrique et d’Asie, onc combattu à nos côtés", a déclaré le Premier ministre, rappelant que 100.000 d’entre eux "ont payé de leur vie cet engagement" tandis que "des milliers d’autres ont survécu, souvent marqués dans leur chair par la violence des combats livrés". "Français par les valeurs qu’ils ont défendues, Français par le sang versé, ils ont affronté le même feu", a-t-il souligné. "Pendant près de 40 ans, des hommes qui avaient combattu dans les mêmes unités, qui s’étaient illustrés sur les mêmes fronts n’ont pas eu droit à une égale gratitude de la part de la France", a-t-il regretté.

Les soldats coloniaux vont percevoir les mêmes pensions que les Francais

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) - Les anciens combattants des colonies vont percevoir les mêmes pensions que les nationaux français, a annoncé mercredi le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mékachéra. "Il n’y aura plus de différences dans ces deux prestations que sont les retraites du combattant et la pension militaire d’invalidité entre les combattants de ces pays (des ex-colonies françaises) et les nationaux français", a dit M. Mékachéra à la sortie du Conseil des ministres. "Ils percevront exactement en euros ce que perçoivent les nationaux français", a-t-il ajouté, sans toutefois citer un montant, affirmant "ne plus avoir les chiffres en tête". Interrogé sur un rattrapage dans le versement des pensions, gelées depuis 1959, M. Mékachéra a affirmé que "ce n’est pas d’actualité pour l’instant". Quelque 80.000 anciens combattants de l’armée française de nationalité étrangère, essentiellement d’Afrique noire et du Maghreb, sont concernés par cette mesure de revalorisation des pensions. Cette annonce coïncide avec la sortie en salles, le même jour, du film "Indigènes" qui tire de l’oubli ces soldats de l’empire colonial français ayant participé aux combats de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, selon le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), les anciens combattants étrangers reçoivent, "dans le meilleur des cas, 30% de la somme versée à leurs anciens collègues français". En 2001, le Conseil d’Etat a jugé cette disposition contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme et, en 2002, le gouvernement a décidé de "décristalliser" partiellement ces pensions. Mais il a opté, non pas pour l’égalité avec les anciens combattants français mais pour l’équité, avec un paiement calculé en fonction du niveau de vie de chaque pays. M. Mékachéra, à qui l’on demandait pourquoi cette revalorisation intervenait "si tard", a répondu que, "pendant 45 ans, ce dossier n’a été traité par personne". "Aucun gouvernement n’a mis le moindre centime et n’a pris la moindre initiative. C’est le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et celui de Dominique de Villepin qui ont ouvert ce dossier et apporté des solutions". "Moi, j’en suis fier et heureux", a ajouté le ministre, dont le père, né en Algérie, est mort au combat, sous l’uniforme de l’armée française, pendant la première guerre mondiale.